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Illustration des disques intervertébraux, de la posture, de la pression discale et de la récupération nocturne – Athomic Wellness

Disques intervertébraux : posture, pression discale et santé du dos

Written by: Julien Schaeffer

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Time to read 8 min

Les disques intervertébraux jouent un rôle essentiel dans la mobilité de la colonne vertébrale et la répartition des charges.


Mais certaines positions augmentent-elles réellement la pression discale ? La position assise est-elle mauvaise pour le dos ? Se pencher en avant abîme-t-il les disques ? Et existe-t-il vraiment une posture idéale pour prévenir la lombalgie ?

Les connaissances actuelles invitent à une vision plus nuancée.


Notre colonne vertébrale n’est pas une structure fragile qu’il faudrait constamment maintenir dans une position parfaite. Elle est conçue pour bouger, supporter des contraintes et s’adapter.


Comprendre le fonctionnement des disques permet donc surtout de mieux comprendre comment le mouvement, les charges et la récupération participent à la santé du dos.

À quoi servent les disques intervertébraux ?

Les disques sont situés entre la plupart des vertèbres.

Ils sont constitués principalement d’un noyau pulpeux, riche en eau, entouré d’un anneau fibreux constitué de plusieurs couches de fibres de collagène.

Illustration anatomique d’une vertèbre et d’un disque intervertébral avec noyau pulpeux, anneau fibreux, processus transverse et processus épineux – Athomic Wellness

Un rôle bien plus complexe qu’un simple amortisseur

Le disque n’est pas seulement un « coussin » entre deux vertèbres.

Il participe à :

  • la transmission des forces ;

  • la répartition des charges ;

  • la mobilité entre les vertèbres ;

  • la capacité globale de la colonne à absorber et tolérer les contraintes.

Lorsqu’une charge est appliquée, le disque se déforme légèrement et redistribue les forces.

Ces contraintes sont normales : elles font partie du fonctionnement quotidien de la colonne vertébrale.

Pression discale : que changent réellement les postures ?

La pression sur les disques intervertébraux varie en permanence.

Elle dépend notamment de la posture, des mouvements du tronc, de l'activité musculaire et des charges que nous portons.

Cela signifie que se lever, marcher, courir, s'asseoir ou soulever un objet modifie la pression exercée sur les disques.

Mais augmentation de pression ne signifie pas automatiquement danger.

Position assise ou debout : pas de réponse aussi simple

Pendant longtemps, certains schémas biomécaniques ont popularisé l'idée que rester assis exercerait systématiquement beaucoup plus de pression sur les disques lombaires que rester debout.

Les données sont aujourd'hui plus nuancées.


Une revue systématique et méta-analyse de 2022 conclut globalement à une pression intradiscale plus élevée en position assise dans les disques sains, mais souligne également que les études les plus récentes ne retrouvent pas systématiquement cette différence.


La façon de s'asseoir, l'inclinaison du tronc, l'activité musculaire et les caractéristiques individuelles modifient également les contraintes.


Il est donc trop simple de résumer la situation ainsi :

assis = mauvais ; debout = bon.

Une variable importante est aussi le temps passé dans une même position.


La meilleure posture est souvent celle que l'on change régulièrement.


Infographie des pressions discales selon la posture : repos allongé, debout, assis et flexion avec charge – Athomic Wellness

Se pencher en avant est-il dangereux pour les disques ?

La flexion du tronc modifie les contraintes exercées sur la colonne lombaire, particulièrement lorsqu'elle est associée à une charge importante.

Mais cela ne signifie pas que la flexion du dos soit intrinsèquement dangereuse.

Se pencher fait partie de la vie quotidienne : ramasser un objet, mettre ses chaussures, jardiner, s'entraîner ou porter un enfant.


Ce qui compte davantage est probablement la combinaison entre :

  • la charge ;

  • la répétition ;

  • la vitesse ;

  • la fatigue ;

  • et surtout les capacités physiques de la personne.

Un organisme progressivement habitué à une contrainte ne réagit pas comme un organisme exposé brutalement à une charge inhabituelle.

Les disques intervertébraux se réhydratent pendant le sommeil

Voici une caractéristique particulièrement intéressante du disque : il contient beaucoup d'eau.

Au cours de la journée, les charges exercées sur la colonne entraînent une légère perte de liquide au niveau des disques intervertébraux.

Lorsque nous nous allongeons et que les contraintes diminuent, notamment pendant la nuit, une partie de cette eau revient progressivement dans les disques.


Illustration du cycle jour et nuit des disques intervertébraux avec charge en journée et réhydratation pendant le repos nocturne – Athomic Wellness

Des études par IRM ont effectivement observé des variations entre le matin et le soir ainsi qu'une augmentation de l'hydratation discale après une période de repos nocturne.

C'est notamment l'une des raisons pour lesquelles nous sommes généralement un peu plus grands au réveil qu'en fin de journée.

Le disque est donc loin d'être une pièce mécanique rigide.

C'est un tissu vivant et dynamique, soumis en permanence à des cycles de charge et de récupération.

❓ Le savais-tu ❓

💡 

Au cours d’une journée, notre taille peut diminuer d’environ 1 à 2 cm. Une partie de cette variation vient de la perte temporaire de liquide des disques intervertébraux sous l’effet des charges quotidiennes.

Pendant le repos nocturne, les disques récupèrent progressivement de l’eau et regagnent une partie de leur hauteur. C’est pourquoi nous sommes généralement un peu plus grands le matin que le soir.

Dégénérescence discale et lombalgie : attention aux raccourcis

Un autre raccourci fréquent consiste à associer directement :

disque usé = douleur.

La réalité est beaucoup plus complexe.

Les modifications dites dégénératives deviennent progressivement plus fréquentes avec l'âge, y compris chez des personnes qui ne présentent aucun mal de dos.


Une importante revue systématique portant sur 3 110 personnes asymptomatiques a retrouvé des signes de dégénérescence discale chez environ 37 % des personnes de 20 ans, puis une augmentation progressive avec l'âge, jusqu'à 96 % à 80 ans.

Cela ne signifie pas que les disques ne puissent jamais participer à une douleur.

Mais cela signifie qu'une image IRM doit toujours être interprétée dans son contexte.


Une dégénérescence discale visible à l'imagerie ne signifie pas nécessairement que cette personne aura mal au dos.


La lombalgie est multifactorielle : capacité physique, sommeil, niveau d'activité, contraintes professionnelles, stress, antécédents et contexte individuel peuvent tous intervenir.

Mouvement, exercice et santé des disques intervertébraux

L'idée selon laquelle il faudrait protéger son dos en évitant les contraintes est elle aussi remise en question.

Les tissus biologiques ont besoin de stimulation mécanique pour maintenir leurs capacités.

Une revue systématique publiée en 2024 s'est intéressée spécifiquement aux effets de la course sur les disques intervertébraux.


Après une séance de course, certaines études observent une diminution temporaire de certains paramètres discaux, probablement liée à une perte transitoire d'eau sous l'effet des contraintes.


Mais plusieurs études comparant des coureurs réguliers à des non-coureurs retrouvent également des caractéristiques discales favorables chez les coureurs.


Cela ne signifie évidemment pas que courir « soigne » les disques.

Cela montre surtout que la charge mécanique n'est pas automatiquement nocive.


L’enjeu est surtout d’adapter progressivement les contraintes aux capacités et au contexte de chaque personne, sans appliquer de règle universelle. 

Renforcer plutôt que protéger en permanence

Un dos entraîné n'est pas un dos auquel on évite toute contrainte.

C'est un dos qui développe progressivement la capacité à mieux tolérer les contraintes auxquelles il est exposé.


Le renforcement du tronc, des hanches et des membres inférieurs, associé à une activité physique régulière, peut donc contribuer à améliorer les capacités générales du système musculosquelettique.

La charge d’entraînement : pas de règle universelle

La capacité à tolérer une contrainte dépend de nombreux facteurs individuels. Une revue systématique menée notamment par Jean-François Esculier, chercheur affilié à La Clinique Du Coureur, portant sur plus de 23 000 coureurs, montre que les relations entre volume, fréquence, intensité, progression de l’entraînement et apparition des blessures restent complexes.


Il n’existe donc pas aujourd’hui de règle universelle de progression applicable à tous. L’entraînement doit plutôt être adapté aux capacités, aux antécédents, à la récupération et au contexte de chaque personne.

Comment préserver la santé de son dos ?

Il n'existe probablement pas de posture magique.

Quelques principes simples restent néanmoins pertinents.

Bouger régulièrement

Si vous travaillez longtemps assis, changez de position, levez-vous ponctuellement ou marchez quelques minutes.

L'objectif n'est pas d'éviter la position assise, mais de ne pas rester figé pendant des heures dans une seule position.

Développer progressivement sa force

Les contraintes sont mieux tolérées lorsqu'elles sont introduites progressivement.

Comme pour un muscle ou un tendon, les capacités du dos peuvent évoluer avec l'entraînement.

Adapter les charges à ses capacités

Soulever une charge n'a pas la même signification pour une personne entraînée que pour quelqu'un qui n'est jamais exposé à cet effort.

La capacité du corps à tolérer une contrainte dépend en partie de ce à quoi il a été progressivement habitué.

Ne pas avoir peur du mouvement

Après un épisode douloureux, certaines personnes commencent à éviter de nombreux mouvements par crainte d'abîmer leur dos.

Dans de nombreuses lombalgies non spécifiques, retrouver progressivement du mouvement et de l'activité fait pourtant partie de la prise en charge.

Une douleur intense, persistante, inhabituelle ou accompagnée de symptômes neurologiques nécessite cependant un avis médical.

À retenir

Les disques intervertébraux sont des tissus vivants capables de supporter, redistribuer et s'adapter aux contraintes.

La posture influence la pression discale, mais il n'existe pas une seule position parfaite capable de protéger le dos en permanence.

La position assise n'est pas automatiquement dangereuse, la flexion du dos n'est pas intrinsèquement nocive et une dégénérescence visible à l'IRM ne signifie pas nécessairement douleur.

Les disques suivent également un cycle quotidien de charge et de récupération, avec une réhydratation notamment favorisée par le repos nocturne.

Le message essentiel est donc moins « protégez votre dos » que :

faites-le bouger, développez progressivement ses capacités et variez les contraintes auxquelles vous l'exposez.


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FAQ – Disques intervertébraux, posture et mal de dos

La position assise abîme-t-elle les disques intervertébraux ?

Pas nécessairement. La position assise modifie la pression discale, mais elle n’est pas automatiquement dangereuse pour le dos. La durée, la posture adoptée, l’activité musculaire et la capacité individuelle à tolérer les contraintes comptent également. Varier régulièrement les positions est généralement plus pertinent que rechercher une posture parfaite.

Se pencher en avant est-il mauvais pour le dos ?

Non, la flexion du dos fait partie des mouvements normaux de la vie quotidienne. Les contraintes augmentent surtout lorsqu’elle est associée à une charge importante, à la fatigue ou à une exposition inhabituelle. Le contexte et la capacité à tolérer progressivement la charge sont essentiels.

Peut-on avoir une dégénérescence discale sans douleur ?

Oui. Les modifications dégénératives des disques intervertébraux deviennent plus fréquentes avec l’âge et sont également observées chez de nombreuses personnes sans lombalgie. Une image IRM ne suffit donc pas, à elle seule, à expliquer une douleur.


Références Scientifiques

Li JQ, Kwong WH, Chan YL, Kawabata M. Comparison of In Vivo Intradiscal Pressure between Sitting and Standing in Human Lumbar Spine: A Systematic Review and Meta-Analysis. Life. 2022;12(3):457.
PubMed — DOI


Brinjikji W, Luetmer PH, Comstock B, et al. Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations. AJNR Am J Neuroradiol. 2015;36(4):811–816.
PubMed — DOI


Liu C, Ran J, Morelli JN, Hou B, Li Y, Li X. Determinants of Diurnal Variation in Lumbar Intervertebral Discs and Paraspinal Muscles: A Prospective Quantitative Magnetic Resonance Imaging Study. Eur J Radiol. 2023;160:110712.
PubMed — DOI


Shu D, Dai S, Wang J, et al. Impact of Running Exercise on Intervertebral Disc: A Systematic Review. Sports Health. 2024;16(6):958–970.
PubMed — DOI


Fredette A, Roy JS, Perreault K, et al. The Association Between Running Injuries and Training Parameters: A Systematic Review. J Athl Train. 2022;57(7):650–671.
PubMed — DOI

Auteur : Julien Schaeffer

préparateur physique à Genève et fondateur d’Athomic Wellness, un projet qui relie science du mouvement, santé et bien-être durable.


À travers ses articles, il explore la manière dont le corps apprend, s’adapte et se régénère, afin de rendre les connaissances en biomécanique, physiologie et métabolisme plus accessibles et d’aider chacun à mieux comprendre son corps, son entraînement et sa santé.

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